10 - 03 - 2008 // Ouessant, France
Une tempête de vive-eau
En partant de Paris, j'avais pu gagner l’île de justesse en prenant l’avion, les liaisons par bateau étant interrompues. C'était le 4 mars 2008 et une première dépression venait de passer. Je pensais avoir quelque peu "loupé le coche", mais la seule idée de rester une dizaine de jours sur place me comblait, quelles que soient les conditions. Ouessant est une sorte de paradis à mes yeux et pour mes sens. Le 10 mars 2008, la tempête Johanna est arrivée et est montée en intensité très rapidement. Privilégié, j’étais sans doute le seul photographe professionnel sur place ce jour là. Les vents étaient si forts, qu’il était impossible de tenir debout sans s’abriter derrière le mur d'enceinte du Créac'h. La pluie cinglait mon visage comme de la grêle et je devais nettoyer mes objectifs entre chaque prise de vue. Par chance, quelques rares et furtives percées de soleil rehaussaient le relief et les couleurs de ce paysage apocalyptique. Certaines vagues, en fin de journée, ont du dépasser les 15m. Johanna ne figure pas parmi les tempêtes les plus importantes, mais elle a la particularité d’avoir combiné des vents extrêmement puissants et un niveau d’eau exceptionnel (une surcote importante accompagnée d’une très grosse mer, pleine et de vive-eau). Le résultat à la pointe de Créac’h était à couper le souffle. Seuls les connaisseurs des lieux prendront réellement la mesure de la puissance des éléments. La cloche sous-marine, sur son piton rocheux permet (sur certaines photos) de donner une idée de la taille de la houle.
